LE LAC DU CERF À SON MEILLEUR ET SON PIRE

Par Marguerite Hayes
Article publié dans le journal Le Petit Cervois 2005

Une autre belle saison d’observation des oiseaux vient de se terminer et j’ai (avec beaucoup d’autres) bien profité de cette expérience. Je me sens particulièrement privilégiée d’avoir l’occasion et le lieu pour observer la beauté et les interactions de toute cette faune qui fait du Lac-du-Cerf cet environnement spécial que tout le monde apprécie.

Pendant tout l’été, j’ai observé un couple de huards qui élevaient leurs deux oisillons. Les parents étaient très protecteurs et leurs manœuvres très astucieuses pour détourner mon attention de leurs petits. En ne pénétrant pas dans le territoire immédiat de la famille et en me servant d’une bonne paire de jumelles, je pouvais observer leurs interactions sur une base régulière. Cette année, les deux oisillons ont tous les deux prospéré, ce qui est un grand accomplissement. De plus, à la fin de l’été, nous avions compté au moins 55 huards à la fois sur le lac. Ceci est définitivement le lac du Cerf à son meilleur.

Comme mon mari Brian et moi cherchons toujours une raison pour sortir dehors et aller découvrir quels autres trésors le lac du Cerf peut nous offrir, nous nous sommes inscrits comme volontaires pour le Programme de surveillance des marais d’Études Oiseaux Canada. Nous avons choisi le ruisseau Lefèbvre comme territoire de notre étude. Tout en suivant les strictes directives établies en 1995 par Environnement Canada et par l’Agence de protection de l’Environnement Américaine et ensuite adaptées pour le Québec en 2004, nous avons recherché des indications de la présence de cinq espèces rares d’oiseaux des marais. Les cinq espèces désignées étaient : le Râle de Virginie, le Râle de Caroline, le Petit Butor, une combinaison de Gallinule commune ou poule d’eau et de Foulque d’Amérique et la Grèbe à Bec Bigarré. Lors de nos deux visites obligatoires, nous avons pu observer une fois le Petit Butor.

Ceci nous a fait un grand plaisir. Le lac venait de nous révéler un autre secret bien gardé. Le Petit Butor est sur la liste canadienne des espèces en voie d’extinction et les biologistes de la province sont intéressés de faire un suivi à cette observation.

Le Programme de surveillance des marais demandait une description de l’habitat du ruisseau Lefèbvre pour aider à identifier les marécages en santé. Ceci à notre grand désappointement était le lac du Cerf à son pire.

La rive gauche du ruisseau Lefèbvre sert de dépotoir.

Il s’avère que depuis plusieurs années, les résidents y jettent dans l’eau des déchets de toutes sortes en vidant leurs remorques et leurs camions à fond plat dans la pente qui suit le parcours du ruisseau. Pendant notre étude, nous avons pu faire nos observations en marchant sur des pneus. Il y a tellement de douzaines de pneus qui avaient roulé en bas de cette pente qu’à certains endroits nos bottes ne touchaient jamais à terre.

Nous croyions que les pneus étaient ce qu’il y avait de pire jusqu’à ce qu’un jour, pendant que nous prenions des mesures, nous avons entendu des bruits au-dessus de nous en haut de la pente. Allant vers les bruits, nous avons observé des résidents qui jetaient des vidanges. Il semble que les poubelles ne sont pas assez grandes! Tout le long de la rive du ruisseau, il y a des déchets de maison (sacs blancs de déchets de cuisine), substances dangereuses (pots de peinture et batteries), déchets industriels (pièces de camions, d’autos, armoires) et des matériaux organiques en décomposition (coupures de gazon, carcasses de chevreuils, vieux bois de construction).

En juillet 2004, nous avons écrit au maire et au conseil municipal de Lac-du-Cerf demandant à la municipalité de bloquer l’accès à cette côte et de placer des affiches disant aux gens de ne pas vider de vidanges à cet endroit. La municipalité de Lac-du-Cerf nous a informés que des affiches seraient placées et que les résidents seraient avertis de ne pas jeter de déchets mais que le chemin ne serait pas bloqué parce qu’il se trouvait sur des terres publiques (terres de la Couronne).

En septembre, j’ai contacté Monsieur Marleau du ministère des Ressources naturelles de la Faune et des Parcs, au bureau de Mont-Laurier. Il m’a dit que son bureau allait évaluer le site et si justifié, la MRC fera sa part pour remédier à la situation. Je n’ai pas encore eu de réponse à ce jour mais je ne lâcherai pas.

Entre-temps, des citoyens inquiets avec à leur tête Denis Quesnel ont enlevé un camion plein de pneus au pied de la côte la plus proche du chemin Léonard/Tour du Lac. D’autres font une recherche pour savoir comment on peut obtenir des subventions du gouvernement pour payer pour ce nettoyage. C’est un gros travail.

Je sais que les résidents de Lac-du-Cerf tiennent à la santé de leur lac. Nous savons tous que le lac, les ruisseaux et les marécages sont en interaction pour conserver un écosystème en santé. Une source de pollution affecte tout le système. Je me demande si l’infiltration de polluants de ce dépotoir illégal a permis au myriophylle d’envahir une grande partie de la baie Lefèbvre.

Pour notre propre bénéfice et pour le bien des plantes et des animaux qui ont besoin d’un habitat en santé, je demande à tous de trouver les moyens pour régler ce problème de dépotoir illégal. Il ne faut pas l’oublier. Si nous en parlons avec des amis et autres personnes concernées, il y a plus de chance que nous trouvions une solution. Bientôt la neige va recouvrir cette laideur mais les conséquences de la pollution vont continuer si nous n’arrivons pas à convaincre tout le monde d’arrêter de jeter illégalement des vidanges à cet endroit et de nettoyer le ruisseau Lefèbvre.

J’espère avoir de vos nouvelles.

Marguerite Hayes

Pour en savoir plus sur le Programme de surveillance des marais d’Oiseaux Canada : https://www.oiseauxcanada.org/etudier-les-oiseaux/le-programme-de-surveillance-des-marais

GRAND MÉNAGE...

Par Marguerite Hayes
Article publié dans le journal Le Petit Cervois 2006

II s’en est fallu de deux jours pour nettoyer 50 ans de vidanges accumulées sur les bords du ruisseau Lefèbvre.

Parfois les humains peuvent déplacer des montagnes. C’était une montagne de vidanges éparpillées tout le long des rives abruptes d’un ruisseau qui se jette dans le beau Lac du Cerf.

En tout, il a fallu 27 personnes avec beaucoup d’ingéniosité et de dur labeur pour classer et déménager approximativement cinq tonnes de vidanges. Durant deux jours, soit les 13 & 14 septembre 2005, des bénévoles ont poussé, tiré et ramassé des déchets sur la rive et dans le lit du ruisseau et les ont triés en différentes piles. Des employés municipaux ont transporté les matériaux non-recyclables au dépotoir. Des recycleurs emportèrent à leur tour le métal et les pneus (au moins une centaine). Pour réussir à remonter les carcasses de camions, les pneus et les objets lourds, les équipes ont utilisé une pépine, des poulies, des câbles et des cordes de 100 pieds pour tirer les ordures jusqu’en haut des rives abruptes du ruisseau. Les items plus petits tels que boîtes d’huile, ressorts de lit, toilettes et batteries d’auto (la liste est trop longue et trop incroyable pour être entièrement énumérée ici) furent ramassés en piles le long de la pente. Plus tard, des traînes sauvages fabriquées à partir de vieux réservoirs d’huile coupés ont été glissées en bas de la côte vers les piles, remplies avec les vidanges, et soigneusement tirées en haut de la côte pendant que des bénévoles suivaient pour prévenir les débordements.

Les bénévoles avaient un seul but, remettre la zone autant que possible dans son état naturel. La subvention de 2000 $ pour le projet nous a été généreusement donnée par la Fondation pour l’Environnement de la MRC Antoine-Labelle. L’argent a été utilisé pour acheter des affiches demandant aux gens de ne pas jeter de vidanges dans le ruisseau et aussi pour mettre une clôture pour empêcher un accès facile à cet endroit. Aussi, l’achat de gants et autres petits items à l’usage des bénévoles, des collations et des breuvages pour les travailleurs ainsi que des plantes pour prévenir l’érosion, ont été couverts par la subvention.

Le petit ruisseau au pied de la pente est une partie intégrante d’un marais qui sert de filtre pour l’eau qui se jette dans le Lac du Cerf. Le marais qui est un très joli refuge pour des oiseaux et des tortues timides, cache le dommage causé par les infiltrations toxiques venant des contenants d’huile, des piles et autres semblables en couvrant tout le site d’une couverture de carex, de roseaux et d’autres plantes aquatiques.

Plusieurs squelettes d’animaux ont été trouvés sous les débris dans la pente et dans le marais. Plus remarquable a été la découverte d’un squelette entier d’aigle, plumes et tout. Il semble que ses pattes se soient prises dans les ressorts d’un vieux matelas. Une fois emprisonné, l’aigle a été recouvert d’autres ordures- donc il n’était plus à la vue des prédateurs.

Le nettoyage fut déclenché par des observateurs d’oiseaux qui en surveillant le marais, ont réalisé que l’endroit était encore utilisé comme dépotoir même si d’autres services municipaux étaient disponibles. Maintenant nous avons donné un nouveau départ au ruisseau Lefebvre. Les bénévoles ont travaillé très fort et doivent être fiers de leurs efforts. Protéger l’environnement apporte toujours des bénéfices pour les générations futures.

Grâce à la collaboration de la Municipalité de Lac-du-Cerf et de l’Association des Propriétaires riverains du Petit et du Grand Lac-du-Cerf et d’autres bénévoles, le nettoyage fut un succès.

Les gens qui ont réalisé ce super grand ménage sont:

Jean Paul Montpetit, Cécile Montpetit
Anita Lavallée, Serge Gaudron
Claude Gauthier, Suzanne Léonard-Gauthier
Brian Hayes, Marguerite Hayes, Stephanie Hayes
David Rogers, Keith Rogers, Susan Rogers
Yvon Pelchat, Aldea Pelchat
Al Hlady, Sharon Hlady
Clyde Walker, Joan Walker
Denis SimardMaurice Meloche
Yvon ToussaintPeter Williams
Denis Quesnel, Luc Quesnel
Denis Gagnon, Hubert Leonard et Bob Scantland.

LAC DU CERF AT ITS BEST AND AT ITS WORST

By Marguerite Hayes
Article published in the journal Le Petit Cervois 2005

Another wonderful bird watching season has come and gone and I, among many, have benefited from the experience.  I feel particularly blessed to have the opportunity and the locale to observe the beauty and the interactions of the wildlife that make Lac-du-Cerf the special environment that everyone appreciates.

This summer I continued my voluntary role as surveyor of loon for the Canadians Lakes Loon Survey of Bird Studies Canada.  This is the kind of job everyone wants: you must get into your kayak, canoe or boat with an electric motor and seek out the loons at least once a week and leave behind regular chores and diversions.  I am obliged to mingle with nature at a moment’s notice, always at the ready when conditions are right.  Short of strong winds or driving rain I can enter another world hoping to catch a glimpse of birds and animals that enhance our environment.  Anyone wishing to help me out (ease my burden!) can contact me in the early spring.

The loon survey for 2004 was successful.  During the course of the summer I watched a pair of loons raised two chicks.  The parents were very protective and clever in their manoeuvres to divert my attention away from the young.  By not entering their immediate “family” territory and using a good pair of binoculars I could observe their interactions on a regular basis.  This year the two chicks both prospered; a great accomplishment.  As well, by the end of the summer at least 55 loons were counted at one time on the lake. This is definitely Lac-du-Cerf at its best.

Always looking for a reason to get out and discover what other treasures Lac-du-Cerf has to offer my husband Brian and I signed up as volunteers for the Marsh Monitoring Program of Birds Studies Canada.  We chose Ruisseau Lefebvre as our area of study.  Following the strict guidelines set up in 1995 by Environment Canada and the Environment Protection Agency of the USA and subsequently adapted for Quebec in 2004, we searched for evidence of five elusive marsh birds.  The five designated species were Virginia Rail, Sora, Least Bittern, a combination of Common moorhen / American Coot and the Pied-billed Grebe.  During the two required visits we observed one sighting of the Least Bittern.  We were very pleased.  The lake had revealed another well-kept secret.  The Least Bittern is on the Canadian endangered species list and biologists in the province are interested in following up this sighting.

The Marsh Monitoring Program required a description of the habitat of Ruisseau Lefebvre to help identify healthy wetlands.  This to our great disappointment was Lac-du-Cerf at its worst!

The eastern slope of Ruisseau Lefebvre is being used as a dump.

It appears that over the course of many years residents have dumped garbage of all types into the water by emptying their trailers and flatbeds onto the ridge which follows the path of the creek.  During our survey we were able to conduct our sightings by stepping on tires.  So many dozens of tires have rolled down the slope that at some spots our boots never touched ground.

We thought the tires were the worst until one day while taking measurements we heard noises above us on the ridge.  Tracking the sounds, we observed residents dumping garbage.  It seems garbage bins aren’t big enough!  The whole length of the ridge, and as a result of the creek slope and waterway, is strewn with household garbage (white garbage bags of kitchen waste), dangerous goods (paint cans & batteries), industrial scrap (truck chassis, car parts, cupboards) and decomposing organic material (grass clippings, deer carcasses, old lumber).

In July 2004 we wrote to the mayor and the municipal council of Lac-du-Cerf requesting that the municipality block access to the ridge and that signs be posted telling people not to dump garbage at this location.  The Municipalité de Lac-du-Cerf informed us that signs would be posted and residents cautioned about dumping garbage but that the road could not be blocked because it sits on public (crown) land.

By September, I contacted Monsieur Marleau of the Ministere des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs at the Mont-Laurier office.  He told me that his office will evaluate the area and if justified the MRC will have some role in remedying the situation.  I have not received a response to date but I will pursue it.

In the meantime, concerned residents organized by Denis Quesnel have removed a truck load of tires just from the foot of the slope closest to the road, Chemin Leonard/Tour du Lac.  Others are investigating how government grants can be obtained to pay for the cleanup.  This is a big task.

I know that the residents of Lac-du-Cerf care about the health of the lake.  We all know that the lake and its creeks and marshes work together to maintain a healthy ecosystem.  One source of pollution affects the whole system.  I wonder if the leaching of pollutants from the illegal dump has enabled the Myriophyl to take over a large part of Baie Lefebvre.

For our own benefit and for the welfare of the plants and animals that require a healthy habitat, I ask you to find ways to correct this problem of illegal dumping.  It cannot be forgotten.  If we discuss it with friends and other interested parties we are more likely to find a solution.  Soon snow will cover the unsightly mess but the consequences of pollution will continue if we do not convince everyone to stop illegal dumping and to clean up Ruisseau Lefebvre.

I hope to hear from you.

Marguerite Hayes

For further information on the Marsh Monitoring Program of Birds Canada: https://www.birdscanada.org/bird-science/marsh-monitoring-program

SUPER CLEAN-UP

By Marguerite Hayes
Article published in the journal Le Petit Cervois 2006

It took two days to clean up about fifty years of garbage that was dumped on the edge of Ruisseau Lefebvre.

Sometimes people can move a mountain. This was a mountain of garbage, carelessly strewn down the slope of a stream which feeds beautiful Lac du Cerf. In all, it took twenty-seven people with a lot of ingenuity and hard work to sort and move about five tons of garbage. For two days, September 13 & 14th 2005, volunteers pushed, pulled & picked rubbish from the slope and streambed and sorted it into piles. Municipal workers transported the nonrecydable material to the dump. Recyclers hauled away the metal and tires (at least one hundred).

To accomplish the task of removing truck bodies, tires and heavy objects teams used a backhoe, pulleys, cables and 100-foot ropes to haul the scrap up the steep slope. Smaller items such as oil cans, bed springs, toilets and car batteries (the list is too long & incredible to note fully here) were gathered into piles along the slope. Later, toboggans made from cut up home heating oil reservoirs were slid down the slope to the plies, filled up with the scrap, and carefully hauled up the slope while volunteers followed to prevent spillage.

The volunteers had one motive: to restore the area as much as possible to its natural condition. The $2000 funding for the project was provided most generously by the Fondation de la MRC d’Antoine-Labelle pour L’environnement. The money was used to buy signs asking people to not dump garbage at the stream and a fence to prevent easy access to the slope. As well, gloves and other small items for use by the volunteers, snacks & beverages for the workers, and plants to prevent erosion were covered by the grant.

The little stream at the bottom of the slope is in fact part of a marsh which acts as a filter for the water flowing into Lac du Cerf. The marsh, a lovely site for reclusive birds & turtles, hides the damage caused by toxic seepage from oil cans, batteries & the like by covering the whole terrain in a blanket of sedges, reeds and other water plants. Many animal skeletons were found under the debris on the slope & in the marsh. Most noteworthy was the uncovering of a complete eagle skeleton, feathers and all. It would seem that its feet were caught in the springs of an old mattress. Once caught, the eagle was covered by more rubbish – no longer exposed to scavengers.

The cleanup was prompted by birdwatchers surveying the marsh who realized that the area was still being used as a dump even though other municipal services were available. Now Ruisseau Lefebvre has been given a fresh start. The volunteers worked very hard and should be proud of their efforts. Protecting the environment always reaps benefits for generations to come.

Thanks to the cooperation of the Municipalité de Lac-du-Cerf and the Association des Propriétaires riverains du Petit et du Grand Lac-du-Cerf and other volunteers the cleanup was a success.

The people who made this a super cleanup are:

Jean Paul Montpetit, Cécile Montpetit
Anita Lavallée, Serge Gaudron
Claude Gauthier, Suzanne Léonard-Gauthier
Brian Hayes, Marguerite Hayes, Stephanie Hayes
David Rogers, Keith Rogers, Susan Rogers
Yvon Pelchat, Aldea Pelchat
Al Hlady, Sharon Hlady
Clyde Walker, Joan Walker
Denis SimardMaurice Meloche
Yvon ToussaintPeter Williams
Denis Quesnel, Luc Quesnel
Denis Gagnon, Hubert Leonard and Bob Scantland.

LES BÉNÉVOLES LORS DU GRAND MÉNAGE LE 13 ET 14 SEPTEMBRE 2005

2 JOURS DE TRAVAIL DUR... MAIS ÇA EN VALAIT LA PEINE!

VOLUNTEERS DURING THE CLEAN-UP ON SEPTEMBER 13 & 14, 2005

2 DAYS OF HARD LABOUR... BUT IT WAS WORTH IT!