Deux becs-croisés

Par Keith Rogers
Article paru dans le journal Le Petit Cervois 2020

Pour la rubrique oiseaux de cette année, permettez-moi de vous parler de deux oiseaux très intéressants et uniques. Ces deux oiseaux ont ce qui semble être des becs étranges et impossibles. Leur bec supérieur se croise par- dessus celui du bas, il semble donc qu’ils ne pourraient même pas mordre dans les graines. Mais ces becs se sont développés au fil des générations pour être extrêmement efficaces pour déchirer les cônes d’épinette et ainsi obtenir les graines situées au centre des cônes qu’ils soulèvent avec leur langue.

Nous ne voyons pas ces oiseaux chaque année. Leurs visites dépendent en grande partie de la disponibilité d’une bonne récolte de cônes d’épinettes, de pruches, de pins ou de sapins dans notre région – et d’une mauvaise récolte des mêmes arbres plus au nord. Nous les trouverons naturellement au sommet de ces arbres de résineux déchirant des cônes ouverts avec leurs becs croisés et en tournant la tête pour les aider dans cette fonction. Mais, en hiver, on peut aussi les trouver à la surface des routes de gravier où ils ramassent du sel et du sable pour faciliter leur digestion. En effet, le sable dans leurs jabots agit comme un abrasif, comme un véritable papier sablé, pour décomposer la couche externe dure des semences.

Il existe deux sortes de becs-croisés dans notre région : les becs-croisés rouges et les becs-croisés à ailes blanches. Ils ont à peu près la taille du pic mineur que nous connaissons tous. Les rouges d’abord. Les mâles sont rouge framboise avec des ailes marron foncé – et ce bec distinctif. Les femelles ont une apparence générale verdâtre et ont toujours ces ailes sombres. Les mâles et les femelles se retrouvent ensemble en groupes de leur seule espèce – ils ne se mélangent pas avec d’autres espèces.

Les becs-croisés à ailes blanches sont également rouges – un rouge plus rosé et ils ont aussi des ailes sombres – même noires – avec deux barres obliques blanches distinctives. Les femelles sont vert jaunâtre avec des stries indistinctes plus foncées sur la poitrine et les flancs, ainsi que les ailes noires avec les barres blanches. Parfois, les becs croisés à ailes blanches préfèrent les cônes plus petits, y compris le mélèze, ainsi que la pruche et l’épinette. Mais tout cela dépend de la disponibilité des cônes de tous types : ils se nourrissent de manière très opportuniste et voyageront très loin à la recherche de nourriture appropriée.

Il est difficile de décrire leurs cris. En gros, on les entend pépier sur le sol et de même quand ils s’envolent en groupes.

Ces oiseaux ne nichent pas dans notre région. Leurs nids se trouvent plutôt dans le nord des États-Unis. Il est notoirement difficile de trouver des nids parce que la femelle restera sur le nid et sera nourrie régulièrement par le mâle. Sa coloration la rend difficile à voir parmi les branches des résineux.

Two Crossbills

By Keith Rogers
Article published in the journal Le Petit Cervois 2020

For this year’s bird column, let me discuss two very interesting and unique birds.  Both of these birds have what appear to be weird and impossible beaks.  Their top bill crosses over the bottom one so it looks like they could not even bite into any seeds.  But these beaks have developed over the generations to be extremely effective in tearing into spruce cones to get at the seeds at the centre of the cones which they lift out with their tongues.

We do not see these birds every year.  Their visits largely depend on the availability of a good crop of cones on spruce, hemlock, pines, or fir trees in our area – and a bad crop of the same trees further north.  We will find them naturally at the top of these softwood trees ripping open cones with their crossed bills and twisting their heads to aid in that function. But, in winter, we canalso find them on the surface of gravel roads where they pick up salt and sand to help in their digestion.  In effect, the sand intheir crops acts as an abrasive, like real sandpaper, to break down the tough outside layer of the seeds.

Two different Crossbills can be found in our area – Red Crossbills and White-Winged Crossbills.  They are about the size of the Downy Woodpecker that we all know.  The Red ones first.  The males are raspberry red with dark brown wings – and that distinctive beak.  The females have an overall greenish appearance and still have those dark wings.  Both males and females will be found together in flocks of only their species – they do not mix with other species.

White-Winged Crossbills are also red – a more pinkish red and they also have dark wings – even black – with two distinctive white slashes.  The females are yellowish-green with indistinct darker streaks on the chest and sides and those black wings with the white slashes.  Sometimes the White-Winged Crossbills will prefer smaller cones, including larch, as well as hemlock and spruce.  But all that depends on the availability of cones of any type – they are very opportunistic feeders and will travel far and wide searching for suitable food.

It is difficult to describe their calls.  They basically chitter on the ground and as they fly off in groups.

These birds do not nest in our area – rather their nests are found in northern United States.  Nests are notoriously difficult to find because the female will stay on the nest, to be fed regularly by the male.  Her colouration makes her very hard to see among the softwood boughs.

Bec-croisé rouge | Red crossbill
Bec-croisé rouge et bec-croisé à ailes blanches | Red crossbill and white-winged crossbill